LE LOUP ÉTAIT AU LYCÉE François MARTY

By Guylaine FROMENT
Jan 25th, 2020
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Loup3Officiellement, ils seraient aux alentours de 530 en France actuellement. Officieusement, ils avoisineraient au minimum les 800. Les loups sont de retour en France, depuis les années 90. Avec un taux d’accroissement de 23%, la population lupine connaît une croissance exponentielle. Pouvant parcourir plus 80 km en une nuit, les loups ont gagné l’Aveyron et sont déjà dans le villefranchois. En 2018, plus de 12 500 animaux victimes du loup ont été répertoriés en France, parmi lesquelles des ovins, bovins mais aussi des chiens, chevaux et plus récemment un kangourou domestiqué en Belgique.

Éleveurs dans l’Aveyron, eux-mêmes victimes d’attaques du loup, Mélanie et Jean-Christophe Brunet ainsi que Jean Paul Scoquart ont créé l’association Cercle 12 en février 2017 avec d’autres éleveurs confrontés à la prédation du loup sur leurs troupeaux.

Loup1C’est à ce titre qu’ils ont animé une conférence sur le loup, jeudi 23 janvier, au Lycée François Marty à Monteils. Organisé dans le cadre d’un PIC (Projet Initiative et Communication, évalué pour l’examen de BTS) à l’initiative d’Antoine Cazes, Aurélien Rivière, Ludovic Privat et Nicolas Rivière, quatre étudiants en BTS ACSE, cet événement avait pour objectif de sensibiliser un large public aux enjeux liés au retour du loup. Une centaine de lycéens, étudiants, agriculteurs et habitants ont eu la chance de participer à une soirée riche en informations et conseils sur cet animal, peu connu et/ou méconnu du grand public.

LOUP2Après le visionnage d’un film et la présentation des résultats d’une enquête sur le loup réalisés par les étudiants, de nombreux témoignages d’éleveurs, notamment celui d’Amélie, une agricultrice du secteur du villefranchois sont venus illustrer la présence du loup sur nos terres. D’autres, plus émouvants, rappellent que le loup, par le traumatisme important qu’il laisse sur les troupeaux notamment bovins, peut engendrer des situations de stress sur les animaux qui deviennent alors rapidement incontrôlables et dangereux. Ce fut malheureusement le sort de Raymond Monier, ancien président de la Coordination Rurale du Cantal, décédé tragiquement le 3 septembre dernier, des suites de l’attaque d’une de ses vaches, devenue dangereuse. Le passage de loup sur sa ferme avec notamment la découverte d’un veau prédaté laisse peu de doute sur la raison de ce changement de comportement des vaches.
La France s’est dotée d’un plan loup sur 2018-2023 qui prévoit d’atteindre 500 loups d’ici à la fin de la période. Des tirs de loups sont autorisés, dans des circonstances très précises. Pour 2019, le plafond a été fixé à 100 loups. Ce nombre sera réévalué après une nouvelle estimation de la population de loups. En Aveyron, dans la zone classée ZDP, zone difficilement protégeable, les tirs de «défense simple» mis en place pour les éleveurs attaqués, sont autorisés sans forcément devoir passer par des mesures de protection qui demeuraient la condition sine qua non pour se défendre d’une attaque de loup. «Des mesures qui vont limiter la prédation mais qui ne fonctionnent pas puisque 92 % des troupeaux attaqués sont des troupeaux protégés en France», soutient Mélanie Brunet. Et d’ajouter «C’est la seule profession en France où vous êtes obligé de travailler avec une arme. Je pensais que c’était à l’Etat de nous protéger».

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